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sircome
15 avril 2011

Adopte un déchet

À l’occasion du lancement de sa nouvelle gamme Nature, la marque de shampoings Dop a monté l’opération « Adopte un déchet » qui a pour objectif d’« aider à nettoyer les plages de France ». Rien de moins !

Pour cela, un site dédié à été mis en place. Depuis la page d’accueil, vous êtes projeté sur une plage couverte de macro-déchets et certains sont actifs au passage de la souris. C’est assez bien fait : chaque déchet a un petit nom ainsi qu’un un profil détaillé rédigé avec humour (origine, ce qu’il aime ou pas, son poids...). Si vous décidez de l’adopter, un certificat d’adoption apparaît : « Félicitations. Vous êtes désormais l’heureux parent d’un petit bidon d’essence de 372 g ». Le poids de déchets restant à adopter est également indiqué, avec pour objectif d’arriver à 1 tonne. Pour faire le buzz, vous êtes ensuite invité à désigner le parrain et la marraine de ce déchet, via le réseau Facebook.

Concrètement, DOP s’est engagé à reverser à la communauté de communes d’Oléron 5 € par kg de déchets adoptés pour aider au financement du nettoyage des plages, dans la limite de 5 000 € (soit une tonne). Sur le site, on apprend également que DOP est partenaire de l’Office national des forêts (ONF) pour « des forêts plus propres sur l’île d’Oléron ». Toutefois, aucune précision n’est donnée sur la teneur de ce partenariat et c’est regrettable.

Finalement, s’il est louable qu’une entreprise aide financièrement un organisme public pour nettoyer un site sensible (récemment touché par une catastrophe naturelle de surcroît), il est beaucoup plus discutable qu’elle adosse ce partenariat au lancement commercial de nouveaux produits. Quel est le lien entre la nouvelle gamme DOP et les déchets sur les plages de l’île d’Oléron ? Certaines de ces bouteilles de shampoings se retrouveront un jour sur ces mêmes plages en tant que déchets ! Ce partenariat est un prétexte pour verdir l’image de la marque et faire un buzz original sur cette nouvelle gamme.

La marque aurait pu choisir de communiquer plus sincèrement sur les engagements de DOP Nature, qui vont dans le bon sens : 90 % d’origine naturelle, ingrédients certifiés Bio, 94 % biodégradable, sans silicone ni paraben. Une communication axée sur le tri des déchets pour responsabiliser les fidèles consommateurs serait plus justifiée. Quant au partenariat avec la communauté de communes d’Oléron, il aurait pu être valorisé, à juste titre, mais en se limitant au territoire concerné.

Pour conclure, signalons que ce concept de l’adoption de déchets n’est pas nouveau. Il a par exemple été proposé dès janvier 2009 par une « artiste-dépollueuse » bulgaro-suisse Mim. Sur son site (Creatie.ch), vous pouvez adopter un déchet qu’elle a réellement ramassé dans la rue (vignette automobile, emballage de biscuit, autocollant déchiré...) et ainsi vous engager pour le respect des droits des déchets et soutenir financièrement cette artiste engagée (puisque chaque adoption coûte 35 €). En plus de ces activités de transformation de déchets, signalons que Mim a mis en place un système d’échange local (SEL) dans sa région de Glâne (http://selglanois.ch). On voit bien que l’adoption de déchet s’intègre ici complètement dans la démarche et l’activité de cette artiste. Ce n’est pas une pièce rapportée !

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