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sircome
28 décembre 2015

Campagnes de com pour la COP21

Du 30 novembre au 11 décembre 2015, la France a accueilli les délégations de 195 pays du Monde et organisé les négociations pour un traité mondial sur le climat. Pendant cette période, et parfois bien avant, les campagnes de communication d’entreprises ou d’organisations se sont multipliées. En voici quelques-unes, avec nos commentaires pour vous aider à y voir plus clair.

Sommaire

  • Brandalism : une campagne sauvage qui détourne des publicités pour mettre en évidence le lien entre consumérisme et changement climatique.
  • EDF pris en flagrant de greenwashing par le Jury de déontologie publicitaire.
  • Ben & Jerry’s, marque engagée depuis plusieurs années pour la justice climatique mais dont la campagne met à distance et caricature les enjeux.
  • La campagne d’affichage de Derichebourg ne donne pas d’explication sur les liens entre déchets et climat.
  • Eau de Paris : une autre organisation qui peine à expliquer les liens entre le coeur de son activité et les enjeux climatiques.
  • L’opération #ensemble d’IKEA associe réel et virtuel, ludique et sérieux, le site riche en informations et conseils pratiques.
  • Daniel Jouvance : un parfait exemple d’instrumentalisation de la COP21.
  • RATP qui déploie une campagne pour valoriser « son action au quotidien en faveur d’une ville plus durable ».
  • La newsletter quotidienne du Ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie qui abuse du message de l’ultimatum climatique.
  • Lush qui projette les consommateurs en 2050 à travers des manchettes de journaux inquiétantes.
  • Très beau film publicitaire d’Emmaüs qui affirme son engagement de long terme en faveur du DD.
  • Orange : voilà enfin un partenaire officiel de la COP21 qui propose une campagne pertinente sur l’impact carbone du stockage des e-mails inutiles.
  • La campagne factuelle du SEDIF
  • Les formules mathématiques géantes de Liam Gillick, invité par SNCF Gares & Connexions qui cherche à transmettre la beauté de la science du climat.
  • Le défi COP ou pas COP lancé aux citoyens par la Mairie de Paris.
  • La campagne d’affichage de Bombardier Transport qui met en avant les salariés de l’entreprise et se positionne dans une démarche d’amélioration continue.
  • Engie qui présente la technologie comme solution simple et rapide au péril climatique.
  • La Campagne officielle du gouvernement sur la COP21 qui est un bon exemple de ce qu’il faudrait éviter.
  • Le Crédit coopératif souligne très justement que choisir une banque engagée est un geste efficace et bénéfique pour le climat.
  • La Banque postale sur le même thème mais de manière moins convaincante.
  • Veolia qui présente « ses solutions pour une économie bas carbone » en évitant le greenwashing.
  • Une affiche de l’association L214 qui sensibilise les parisiens à l’impact climatique de la consommation de viande sur le climat.

Brandalism

Pour commencer, honneur aux activistes de Brandalism qui ont réussi le tour de force d’installer 600 visuels sur le mobilier JCDecaux à Paris.

Plus de 600 œuvres d’art dénonçant la mainmise des multinationales sur les négociations climatiques durant la COP 21, ont été installées hier [samedi 28 novembre] dans des espaces publicitaires parisiens, en amont du Sommet des Nations Unies qui démarre ce lundi.
Malgré l’état d’urgence interdisant tout rassemblement, suite aux attentats du 13 novembre à Paris, le projet Brandalism (néologisme né de la fusion entre « Brand » (« marque » en français) et « vandalisme »), mené avec des activistes parisiens, a permis de placer dans toute la ville des centaines d’œuvres d’art non autorisées. Ces affiches soulignent les liens entre la publicité, le consumérisme, la dépendance aux énergies fossiles et le changement climatique.
(Source : communiqué de presse Brandalism)

EDF

Cette campagne d’EDF a été diffusée dans la presse et sur Internet pendant l’été 2015. Sur fond de barrage hydraulique ou de parc d’éoliennes marines, EDF s’affiche comme « Partenaire officiel d’un monde bas carbone ».

Le Jury de Déontologie Publicitaire a été saisi d’une plainte de l’association France Nature Environnement. Dans son jugement, le JDP confirme que l’expression « EDF, partenaire officiel d’un monde bas carbone » ne respecte pas plusieurs points de la Recommandation « Développement durable » de l’Autorité de régulation professionnelle de la publicité. Elle est notamment susceptible d’induire le public en erreur sur la réalité écologique des actions de l’annonceur et n’est pas conforme à l’exigence de clarté.

Autrement dit, EDF est pris en flagrant délit de greenwashing !

Ben & Jerry’s

La marque de crème glacée « a un long passé de lutte pour la justice climatique et vise à trouver des moyens pour réduire l’impact environnemental de notre société ». La page dédiée aux enjeux climatiques sur son site Internet propose de nombreux contenus, tant sur les engagements de la marque, ses partenariats (avec Avaaz notamment) que sur les enjeux.

Toutefois le visuel et le slogan proposés à l’occasion de la COP21 sont discutables : « Quand c’est fondu c’est foutu. Marchons pour le climat avant d’avoir à nager. »

  • L’accent est mis sur la fonte des glaces : cela met à distance le problème au lieu de le relocaliser.
  • L’augmentation dramatique du niveau des océans, avec Paris complètement submergée, propose une vision catastrophique et tronquée des impacts, qui risque de se traduire par un sentiment d’impuissance.

Derichebourg

Quelques affiches dans le métro parisien pour rappeler par exemple que « chaque année en France, un habitant produit plus de 354 kg de déchets ménagers » et que, « concrètement », « le Groupe Derichebourg collecte et recycle déjà 4.7 millions de tonnes de déchets par an, soit la production annuelle de 13 millions d’habitants ».

Pas grand chose à dire si ce n’est qu’on aimerait avoir des explications sur les liens entre déchets et climat. Le site web dédié propose de nombreux contenus, mais axés sur les enjeux environnementaux au sens large. Une entrée plus explicite sur les enjeux climatiques aurait été appréciable et pertinente.

Enfin, s’affirmer de but en blanc comme « partenaire de la planète » parce qu’on est « partenaire officiel de la COP21 », sur fond d’une image de la Terre vue de l’espace, est susceptible d’induire le public en erreur sur la réalité écologique des actions de l’annonceur, comme cela a été dénoncé par le Jury de déontologie publicitaire pour la publicité EDF vue plus haut. Attention au greenwashing !

Remarque : pour en savoir plus sur les relations entre déchets et climat, je vous invite à lire la dernière lettre de l’Observatoire des déchets en Île-de-France (Ordif).

Eau de Paris

Le titre de cette affiche d’Eau de Paris m’interpelle : « Derrière cette fontaine, il y a un engagement pour le climat. » Voilà qui est intéressant !

Toutefois, le texte en dessous est un peu décevant : « Chaque jour, Eau de Paris distribue un eau de qualité aux robinets et aux fontaines des Parisiens. Engagée pour la protection de cette ressource, vitale et fragile, nous, entreprise publique agissons quotidiennement pour le climat et innovons pour une ville durable. »

Là encore, le lien avec les enjeux climatiques n’est pas explicite et concret. Il faut aller sur le site web, identifier et lire une plaquette dédiée pour comprendre que « Consommer l’eau du robinet, c’est réduire ses déchets à la source et éviter d’utiliser des emballages inutiles, dont l’élimination pèse lourdement dans le bilan carbone » ou encore que « la gestion durable de l’eau contribue à prévenir les inondations, à combattre les pics de chaleur ». Qui fera cet effort ?

IKEA

IKEA a décidé de participer activement à la COP21 en organisant notamment « un événement de mobilisation citoyenne de grande envergure appelé #Ensemble », avec le soutien de la Ville de Paris et en association avec la Fondation Nicolas Hulot et l’ADEME.

Cet événement comporte deux volets : « des plateformes de production d’énergies renouvelables sur les Champs-Élysées » et un site Internet dédié invitant « le plus grand nombre à s’engager pour adopter un mode de vie plus durable au quotidien ».

Les partenaires sont sérieux et respectables, l’opération associe réel et virtuel, ludique et sérieux, le site riche en informations et conseils pratiques (validés par l’ADEME). Attendons maintenant les résultats pour voir si elle rencontre le succès et l’adhésion du public.

Je remarque toutefois que sur la page « Je m’engage », les gestes proposés ne tiennent pas compte du niveau d’engagement effectif du public. L’opération s’adresse-t-elle à des personnes qui « partent de zéro » ? Comment se situer pour aller plus loin ?

Daniel Jouvance

Cet e-mail commercial est un parfait exemple d’instrumentalisation de la COP21 : « Spécial COP21. L’océan mérite que l’on s’engage ». Que nous propose le spécialiste de produits cosmétiques marins ? D’acheter une « douche de brumisation » pour recréer « l’effet des embruns marins chez vous ! », au prix de « 21 € au lieu de 56 € ». Incroyable.

Il semble que l’entreprise ait quelques actions visant à réduire mais comment avoir confiance quand ils écrivent « Daniel Jouvance s’engage en faveur du développement » et oublient l’adjectif « durable » et que ces affirmations viennent après cette offre si spéciale !

RATP

Magnifiques fresques proposées par la RATP à la station Luxembourg depuis fin novembre pour témoigner « de son action au quotidien en faveur d’une ville plus durable ». D’autres expositions et sujets sont proposés au public dans différentes stations : Palais-Royal-Musée du Louvre, La Chapelle, Hôtel de Ville, Le Bourget, Fort d’Aubervilliers...

Ces visuels s’intègrent dans une campagne plus large, lancée le 1er décembre.

En plus d’un visuel générique marquant son ambition d’être un acteur de la ville durable, la campagne relaie sept preuves concrètes de l’engagement de la RATP en la matière : le Plan Bus2025, la promotion de l’éco-conduite, la récupération des eaux souterraines, la régulation du chauffage dans les RER, la généralisation de l’éclairage à LED sur le réseau, la réduction des nuisances sonores, l’expérimentation de la récupération de la chaleur des stations pour le chauffage résidentiel.

Des « preuves de l’engagement de la RATP en matière de développement durable » sont détaillées sur RATP Scope. On y apprend par exemple que l’éco-conduite concerne aussi les conducteurs de métro !

Finalement, cette campagne valorise la posture d’amélioration continue de l’entreprise, avec des indicateurs chiffrés, des messages avec une pointe d’humour, des visuels colorés. C’est du bon travail. Attention toutefois à certains visuels : le bus qui roule sur une branche d’arbre est un peu limite !

Ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie

Chaque jour depuis deux mois, le ministère envoie une newsletter spéciale « COP21 - Transition énergétique, à chacun de s’en saisir ! ». Un bel exercice de communication gouvernementale. Retrouvez tous les numéros en ligne.

Dans la vidéo publiée dans le numéro du dimanche 29 novembre (J-1), Ségolène Royal insiste : « On sait aujourd’hui que au fond c’est le dernier moment pour agir. Après il sera trop tard. ». Ce constat apparait aussi dans les affiches officielles de l’événement « Plus tard il sera trop tard ».

Ce discours de l’ultimatum, du point de non retour, avait été utilisé lors de la COP15 de Copenhague, en particulier par les ONG. L’échec des négociations avait alors démobilisé et découragé beaucoup de monde. Comme nous l’expliquait le directeur de la communication du WWF, « Ça a été la gueule de bois. Il y a eu reflux des préoccupations environnementales dans la plupart des pays occidentaux après cet échec » (lire l’entretien). C’est un peu dommage de reproduire la même erreur aujourd’hui.

Lush

Lush lance une campagne baptisée « Une pensée pour le climat » qui se décline en digital et dans les 43 boutiques françaises de Lush via des flyers. (source : Stratégies)

La marque de cosmétiques faits main projette les consommateurs en 2050 à travers des unes inquiétantes (Les glaciers des Pyrénées ont tous disparus, La famine guette, Extinction massive, Êtes-vous vacciné, Sous l’eau, Terre HS...) et propose deux actions :

Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site de la marque.


Lush - « Une pensée pour le climat » - novembre 2015 par strategies-creations

Emmaüs

Très beau film publicitaire d’Emmaüs qui affirme son engagement de long terme en faveur du développement durable et rappelle que « l’écologie est plus qu’une mode ». Au passage, notez que ce film est une parodie du clip « Close the loop » d’H&M. 

Avec la COP 21, la course au greenwashing bat son plein. A grands renforts de campagnes de communication, les marques comme les multinationales déclarent à l’unisson leur flamme à la planète, s’autoproclament ecofriendly et se targuent d’éthique et de responsabilité sociale. Dans ce concert assourdissant de tartufferies vertes, Emmaüs, mouvement de lutte contre la pauvreté, lance une campagne pour se réapproprier sa place de précurseur et d’acteur engagé sur le front d’une écologie humaniste et solidaire

Orange

À l’occasion de la COP21, Orange a choisi de lancer une campagne de communication intitulée « Les e-cleaning days ». Le principe est simple : inviter les salariés du groupe et l’ensemble des citoyens à supprimer les e-mails qui sont stockés inutilement sur leurs messageries électroniques, qui pèsent lourd sur les serveurs (vidéos, photos, documents...) et qui nécessitent toujours plus d’énergie pour les faire fonctionner.

Voilà enfin un partenaire officiel de la COP21 qui propose une campagne pertinente, à plus d’un titre :

  • un « vrai » sujet environnemental et climatique, encore peu connu des Français ;
  • un thème directement en lien avec l’activité de l’entreprise (les datacenters représentent 65 % de son empreinte carbone) ;
  • une volonté de proposer des messages positifs, ludiques et en relation avec d’autres comportements éco-responsables : « Préférer le métro, c’est bien. En profiter pour supprimer ses e-mails inutiles, c’est encore mieux. », « Trier ses déchets c’est bien. Y inclure ses e-mails inutiles c’est encore mieux. »... ;
  • un effort pour quantifier les résultats accomplis collectivement et rendre les données compréhensibles à travers des équivalences (X ampoules éteintes, ville de X habitant éteinte pendant 1 heure...) ;
  • un accompagnement par Carbone 4, cabinet conseil de référence pour la prise en compte de la contrainte carbone par les entreprises, pour une méthodologie solide de calcul du « poids » carbone de chaque e-mail et des équivalences.

Cette campagne présente néanmoins un point noir. En effet, la conception graphique des affiches et des annonces presse ne respecte par l’un des critères de base de l’éco-communication : la limitation des aplats de couleur. D’après l’équipe en charge de la campagne chez Orange et leur agence Publicis Conseil, la charte graphique du Groupe impose un fond noir à tous les visuels, l’impact des visuels est ainsi bien meilleur et des encres végétales ont été utilisées. (In)Suffisant ?

Pour en savoir plus sur cette campagne, je vous invite à lire l’entretien réalisé avec Christine Hermann, directrice communication RSE, et Anne Imbert, directrice audience et image du Groupe Orange.


Les e-cleaning days sont arrivés par Orange

SEDIF

Si Eau de Paris s’affiche dans les couloirs du métro, c’est bien le Syndicat des Eaux d’Île-de-France (SEDIF) qui est partenaire officiel de la COP et qui a lancé une campagne d’insertion presse et d’affichage dans les communes pour le faire savoir. Le slogan est factuel : « À la COP21, tout le monde boit l’eau du SEDIF ».

L’objectif du partenariat est de proposer aux 35 000 conférenciers et visiteurs du monde entier attendus au Bourget du 30 novembre au 11 décembre 2015, de privilégier l’eau du robinet comme eau de boisson pendant la durée de la conférence, plutôt que de recourir à de l’eau en bouteilles ou acheminées dans des bonbonnes.
Premier service d’eau français neutre en carbone par le biais de mécanismes de compensation, le SEDIF souscrit pleinement à cet objectif d’un approvisionnement en eau de la COP21 s’inscrivant dans l’esprit porté par cette conférence, permettant ainsi de limiter les déchets plastiques.
(Source : Magazine Inf’eau - Octobre 2015)

Liam Gillick - SNCF Gares & Connexions

Si vous vous rendez au Bourget, vous avez de grandes chances de passer par la Gare du Nord sur la ligne B du RER. Ne manquez pas ces formules mathématiques géantes qui vont vous sauter aux yeux, vous intriguer et peut-être vous émouvoir.

Il s’agit d’une œuvre d’art conçue par l’artiste britannique Liam Gillick, invité par la SNCF, qui rend hommage aux recherches du météorologiste et climatologue japonais Syukuro Manabe. Elle s’intitule « The logical basis » et sera visible jusqu’en novembre 2016.

Co-auteur dès 1967 du premier modèle global effectif du climat, prédisant l’augmentation de la température globale de la terre, Syukuro Manabe est le scientifique le plus réputé au monde dans le domaine de la modélisation et du changement climatique.
Avec 42 panneaux intégrant les formules du climatologue et installés sur les murs face aux quais des gares RER de Paris-Nord, Liam Gillick interpelle le voyageur en retransmettant à travers un langage universel et d’une certaine beauté formelle, toute la complexité de la science du climat et le caractère incroyablement précurseur des travaux de Syukuro Manabe.

Mairie de Paris

COP ou pas COP ? Tel est le défi lancé aux citoyens par la Ville de Paris, en partenariat avec Art of Change 21 et la plateforme Care Game développée spécialement pour la COP21.

Sur un ton ludique, la Ville propose à chacun de prendre soin de l’air qu’il respire grâce à des actions accessibles, parfois surprenantes, qui concernent la vie quotidienne : logement, transports, loisirs, consommation, sensibilisation, etc.

En savoir plus : cet article sur Sircome

Bombardier

Bombardier Transport développe une large gamme de trains (trains régionaux et de banlieue, trains à grande vitesse, locomotives, bogies...) et services de maintenance et emploie près de 2000 salariés sur son site de Crespin (59).

À l’occasion de la COP21, l’entreprise a lancé une campagne d’affichage dans les gares « pour montrer concrètement sa contribution écologique ». L’accent est mis « sur les choix de technologies et de matériaux respectueux de l’environnement, dès la conception de ses trains ».

Ce qui est positivement frappant avec cette campagne, c’est la présence au premier plan de (vrais) salariés de l’entreprise. On comprend alors que la stratégie de responsabilité repose sur l’expertise et l’engagement de ses forces vives.

L’affirmation « Bombardier fabrique des trains toujours plus écologiques » positionne l’entreprise dans une démarche d’amélioration continue. Elle est soutenue par des chiffres clés et des explications ou compléments qui permettent de comprendre les leviers d’actions de l’entreprise :

  • « 18 % d’économie d’énergie par place assise » : moteurs à aimant permanent, coques aéro-dynamiques en composite ultra-léger...
  • « Un train recyclable à 93 % » : tissus issus de matériaux recyclés, matériaux recyclables et valorisables, durée de vie de 40 ans...

Bref, c’est un bel exemple. D’autant plus remarquable que l’équipe en charge de la campagne a su éviter des phrases creuses et prétentieuses comme « nos technologies ECO4constituent la façon la plus efficace de sauver notre planète » que l’on trouve sur le site web officiel du Groupe.

Engie

Les prises de parole du groupe Engie en amont et à l’occasion de la COP21 sont multiples. Par exemple :

  • le site web institutionnel avec une belle image d’ouverture « Climat : les solutions d’Engie pour 2015 » et plusieurs pages web dédiées par exemple à « une année de négociation climatiques » ou encore au programme d’action « Solutions 21 » ;
  • le mini-programme Les héros du climat sur France 2 ;
  • l’ouverture d’un Tumblr intitulé « Beauty of Energy » ;
  • Etc.

Voici deux annonces publiées récemment dans la presse grand public :

  • « La consommation est maintenant maîtrisée. Avec Engie, l’énergie est maintenant pleine de créativité. Avec ses nouveaux services à l’énergie, Engie permet à chacun de maîtriser sa consommation et ainsi de participer à la transition énergétique. »
  • « Les bâtiments sont maintenant intelligents. Avec Engie, l’énergie est maintenant pleine de créativité. En développant des solutions de management énergétique à distance et en temps réel, Engie permet aux entreprises et collectivités d’optimiser leur consommation et de devenir acteur de la transition énergétique. »

Les « solutions » technologiques apparaissent « maintenant » comme la clé d’une société plus sobre en énergie. Il suffit d’équiper un bâtiment en capteurs, une maison en « nouveaux services » (de quoi s’agit-il ?) pour que les entreprises, les collectivités et les citoyens deviennent enfin « acteurs » de la transition. Difficile de faire plus flou. Et si c’était aussi simple...

Campagne officielle COP21

La campagne officielle du gouvernement Français sur la COP21 est un bon exemple... de ce qu’il faudrait éviter !

Comme le souligne justement Yonnel Poivre-Le Lohé sur son blog :

  • le logo officiel : « du vert, une belle tour Eiffel, une jolie petite feuille : premier greenwashing d’une longue série »
  • les messages délivrent une vision particulièrement dramatique et culpabilisante de la situation : « Nous ne pourrons pas dire à nos enfants que nous ne savions pas », « 7 milliards d’habitants, 1 seule planète », « Plus tard ce sera trop tard », « La planète est entre nos mains »...

Par ailleurs, de mon point de vue, cette campagne ne s’adresse pas vraiment aux citoyens mais plutôt aux négociateurs des différentes délégations. L’un des messages en témoigne : « Bienvenue à ceux qui viennent défendre la planète ». Dans ce cas, il aurait été pertinent de publier cette campagne directement en anglais ou en d’autres langues. Et l’enjeu n’est pas de défendre la « planète » mais plutôt les sociétés humaines qui y vivent. Et puis le gouvernement semble oublier tous les acteurs qui n’ont pas attendu la COP pour agir au quotidien !

Crédit coopératif

Face au matraquage publicitaire des grands groupes financiers, les banques engagées comme le Crédit coopératif ou La Nef ont du mal à se faire connaitre des citoyens. Espérons que cette campagne d’affichage dans le métro parisien aura permis de changer un peu les choses.

Le climat se dégrade, aujourd’hui tout le monde le sait. Tout le monde est d’accord. Mais entre parler et agir, il y a un monde. Rejoindre le crédit coopératif, c’est rejoindre une banque qui agit pour une économie plus humaine et des énergies plus soucieuses de la vie sur Terre. Choisir le Crédit coopératif fait partie de ces gestes efficaces qui ont une influence bénéfique sur le climat.

Le message met en avant le décalage entre nos perceptions et nos actions et nous donne, non pas LA solution, mais un geste efficace parmi d’autres : changer de banque. Sur le site dédié, la banque détaille ses engagements et réalisations et propose aux particuliers, associations et entreprises une sélection de « produits pour agir pour la planète ». Cette campagne est donc un exemple pertinent de communication responsable.

Vous vous posez des questions sur votre banque ? Vous voulez en savoir plus sur ce qu’elle fait avec votre argent ? Vous trouverez des éléments de réponse dans le guide « Climat : comment choisir ma banque ? » édité par Les Amis de la Terre. Vous verrez que La Nef et le Crédit coopératif sont les deux banques françaises dont les impacts climatiques et sociaux sont qualifiés de « minimes ».

La Banque Postale

Sur le même sujet, cet encart presse de la Banque Postale est beaucoup moins convaincant. Déjà plusieurs signes de greenwashing sont présents sur le visuel : la terre entre les mains de l’enfant, le nom de l’offre « L’heure verte » écrit en vert, forcément... C’est quand même très caricatural.

Ensuite, cette banque propose toute une « gamme verte » (prêt personnel travaux vert, éco-prêt à taux zéro, pret personnel véhicule vert...) qui permettent d’« accompagner le développement des éco-comportements de ses clients et leur permettre ainsi de concrétiser leurs engagements écologiques », mais on ne sait pas comment les fonds récoltés sont investis.

Dans le guide « Climat : comment choisir ma banque ? » des Amis de la Terre cité ci-dessus, la Banque Postale est classée dans la catégorie « Risques modérés à importants ».

Beaucoup plus intéressant que cette insertion presse, je vous recommande l’épisode de la websérie « Comme le disent... » de la Banque Postale sur les écolos. Très drôle.

Veolia

À l’occasion de la COP 21, Veolia a déployé une nouvelle campagne publicitaire pluri-média (TV, presse et affichage). Le risque était grand de tomber dans le greenwashing. Mais non, je constate que cette campagne reste dans les clous.

Le groupe met en scène « ses solutions pour une économie bas carbone », en s’appuyant sur des exemples concrets, des slogans parfois surprenants ou humoristiques, des indicateurs chiffrés et des informations complémentaires sur le site web.

  • l’utilisation de paille pour chauffer la ville de Pécs (Hongrie) - « Nous, l’effet de serre, nous le combattons à la paille ».
  • La valorisation des bouteilles plastique pour produire de nouvelles bouteilles à Rostock (Allemagne) - « Une bouteille plastique réincarnée en bouteille plastique, c’est 70 % de CO2 en moins ».
  • La production d’énergie à partir des eaux usées à Marseille (France) - « Pour chauffer la piscine des champions avec moins de CO2, nous avons une longueur d’avance ».
  • la production d’énergie grâce à la méthanisation des déchets organiques à Arras (France) / « Contre le réchauffement climatique, rien de tel qu’une glace à la fraise ».
  • la production d’énergie à partir de noyaux d’olive à Tanger (Maroc) - « Avec des noyaux d’olives, on contribue à éviter les pépins climatiques ».

Pas de greenwashing donc, mais tout de même quelques critiques ou pistes de progrès :

  • La glace à la fraise comme exemple de déchet organique n’est pas pertinent : ça en est un mais en général nous la mangeons ;-) Je ne suis pas sûr que les citoyens fassent le lien. De surcroît, quid de l’impact climatique des appareils réfrigérants ?
  • Les nouveaux mots magiques comme « économie circulaire » ou « bas carbone » reviennent (trop) souvent sur les pages web.
  • 3 exemples sur 5 ne sont pas localisés en France mais à l’étranger : quels sont les investissements en France sur des solutions similaires ?
  • Et le groupe ne mentionne pas les difficultés rencontrées...

L214 Éthique et animaux

L214 est une association de protection animale centrée sur les animaux utilisés dans la consommation alimentaire (viande, lait, œufs, poisson). Elle fait régulièrement, et de plus en plus, parler d’elle dans les médias en diffusant sur le web des vidéos trash tournées en caméra cachée dans les abattoirs (cf. cet article de FranceTVinfo pour en savoir plus sur les méthodes de cette association).

À l’approche de la fin de la COP21, l’association a lancé une campagne d’affichage dans le métro parisien dont l’objectif est d’« encourager l’ensemble des Français à végétaliser leur alimentation ». Pour cela, le résultat d’un sondage qu’elle a commandé est mis en avant : « 62 % des Français sont disposés à réduire leur consommation de viande pour limiter leur impact sur le changement climatique ». Puis le passant est interpellé : « Et vous ? ». On peut lire en bas du visuel que « chaque fois que vous mangez vegan, vous contribuez à préserver l’environnement et vous protégez les animaux. »

Il est difficile sur le site web de trouver davantage d’informations. Et quand on arrive enfin sur la page dédiée à cette campagne, on est simplement renvoyé vers une publication scientifique brute. L’association joue un rôle d’électrochoc et laisse à d’autres le soin de faire de la pédagogie (comme par exemple Terraeco avec son dossier « Pourquoi la viande détraque-t-elle le climat ? »).

À noter que le visuel affiché n’est pas celui qui était initialement prévu par L214. Fidèle à son positionnement, deux visuels plus provocants ont été successivement conçus puis refusés par l’Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP). Cela n’empêche pas l’association de les reproduire sur son site web.

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