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sircome
17 septembre 2006

Réduction des sacs de caisse. Le cas Carrefour

Dans le cadre des projets collectifs, cinq étudiants en Master 2 « Environnement et communication » de l’Université de Cergy-Pontoise [1] ont mené une enquête à la fin de l’année 2005 sur l’implication environnementale des acteurs de la grande distribution française. Nous présentons ici les principaux résultats concernant l’analyse des efforts déployés par Auchan, Carrefour, Leclerc et Monoprix pour réduire l’utilisation des sacs de caisse jetables. Mouvement lancé dès 1996 par Leclerc, rapidement suivi par ses concurrents, la suppression des sacs de caisse est l’action phare des grandes enseignes en matière d’environnement. Le 1er janvier 2010, les sacs plastiques seront interdits en libre distribution dans les grandes surfaces.

Avec plus de 3 milliards de passages en caisse en 2004, Carrefour est leader sur le marché français, Le groupe doit donc réussir à se démarquer de ses concurrents en anticipant, en se montrant novateur et performant tout en assurant aux consommateurs une information complète et objective sur ses actions.

C’est ainsi en décembre 2003 (soit 7 ans après la première campagne de Leclerc) que Carrefour a lancé la vente de sacs de caisse vendus à prix coûtant réutilisables et échangeables. L’objectif de cette démarche était de diminuer la part de sacs gratuits jetables tout en laissant le choix aux clients.

En février 2004, le groupe a publié sur son site Internet un rapport sur l’évaluation des impacts environnementaux de ses sacs de caisse. Ce rapport, soumis à une revue critique organisée par l’ADEME, s’appuie sur une analyse du cycle de vie de quatre de ses sacs de caisse (sac plastique jetable, sac plastique réutilisable, sac papier jetable et sac biodégradable jetable). L’analyse a mis en évidence que la consommation de matières premières est le premier impact environnemental des sacs de caisse. Au-delà de la 5e utilisation, le sac cabas réutilisable est plus écologique que toutes les autres solutions proposées.

C’est pourquoi la plupart des pays d’Europe ont mis en place, en 2004, des sacs cabas réutilisables comme alternative aux sacs de caisse. En Espagne, par exemple, Carrefour est ainsi le 1er distributeur à mettre en place des sacs de caisse réutilisables vendus à prix coûtant. Cette offre s’est accompagnée d’opérations de sensibilisation, notamment à l’occasion de la Journée Mondiale de l’Environnement.

Les résultats sont généralement très encourageants. La baisse de sacs jetables se chiffre à 1,16 % au premier trimestre 2004, puis 24,6 % au deuxième trimestre et 31 % au troisième trimestre. En parallèle, l’utilisation des sacs réutilisables va grandissant : en 2004, ce sont 5 millions de sacs cabas (les plus grands) et 9,75 millions de sacs souples qui ont été vendus. Ces efforts ont ainsi contribué à réduire de 274 millions d’exemplaires la distribution de sacs jetables.

Les clients interrogés, fidèles ou non à l’enseigne, se sont tous rendus compte de la démarche de Carrefour visant à réduire les sacs de caisse jetables. Cela est à mettre en étroite relation avec la disposition des sacs réutilisables vendus à l’entrée des caisses, mais aussi avec la suppression des sacs jetables à la sortie des caisses. Cependant cela ne décourage pas les clients : « Il suffit de les demander à la caissière et on a autant de sacs voulus, et parfois c’est même elle qui nous en donne sans qu’on ait besoin d’en réclamer » (Johanne).

Tous les sondés se déclarent favorables à cette démarche et ont conscience des impacts néfastes des sacs jetables sur l’environnement : « ça met du temps à se désintégrer » (Georges) ; « les sacs sont jetés à l’océan et les tortues les mangent et en meurent » (Magdalena)… Cependant tous n’utilisent pas de sacs réutilisables : « ça coûte cher, les grandes surfaces devraient nous les donner » (Candide) ; « Les caissières nous donnent encore des sacs jetables, alors je vois pas pourquoi j’irai payer un sac » (Karim).

Comme pour les autres enseignes, les clients perçoivent plus cette démarche comme une opération marketing afin de se donner une meilleure image de marque, que comme une réelle implication environnementale. « Ils font ça pour se donner bonne conscience, parce que s’ils voulaient vraiment réduire les sacs plastiques, ils arrêteraient d’en donner et puis voilà, ils détiennent quand même le pouvoir » (Georges).

P-S

Article rédigé à partir d’une enquête conduite à la fin de l’année 2005 par cinq étudiants en Master 2 « Environnement et communication » de l’Université de Cergy-Pontoise : Céline Barreira, Dorothée Capo, Eric Boisteaux, François-Xavier Morvan, Arnault Thierry de Ville d’Avray. Ils étaient encadrés par Mathieu Jahnich et Akila Nedjar-Guir.

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