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sircome
8 janvier 2013

Les Français et l’environnement : bilan et perspectives

L’Ademe dresse le bilan 2012 de l’évolution de l’opinion et des pratiques déclarées des Français à l’égard des questions environnementales et propose des pistes de réflexion pour communiquer efficacement sur le sujet.

L’Ademe dispose d’un baromètre annuel des pratiques et de l’opinion des Français sur les questions environnementales. Il permet d’observer les tendances et les évolutions des valeurs et des comportements déclarés. En 2012, une étude complémentaire a été confiée à Ipsos pour mesurer l’évolution des valeurs et modes de vie des Français et la place que l’environnement pourrait y tenir.

Le numéro 35 du magazine Stratégie&études, publié fin décembre 2012, dresse le bilan 2012 de l’évolution de l’opinion et des pratiques déclarées des Français à l’égard des questions environnementales. Il propose des pistes de réflexion pour communiquer efficacement sur le sujet. En voici les principaux enseignements.

Des Français toujours sensibilisés

Les préoccupations des Français sont marquées par la crise. Ainsi, parmi les problèmes de société jugés les plus importants au sein d’une liste proposée aux enquêtés, le chômage garde la première place, qu’il occupe sans discontinuer depuis le bilan 2008. Le sujet des inégalités sociales vient en deuxième position. Quant à la pollution, seul item environnemental de la liste, elle arrive dorénavant en troisième position (alors qu’il occupait la première place en 2006 et 2007).

Face au renchérissement des prix de l’énergie, les Français déclarent chercher à réduire leur facture énergétique : « On chauffe moins les pièces inoccupées » (n°1), « On baisse ou on éteint le chauffage si on s’absente plus de 48 heures » (n°2), « On baisse ou on éteint les radiateurs quand on ouvre les fenêtres » (n°3) et « On porte des vêtements plus chauds pour pouvoir baisser la température » (n°6 mais la plus forte progression depuis 2002).

En termes de perception du développement durable, les Français sont de plus en plus familiers avec ce concept. Connu de seulement un tiers des Français en 2004, le développement durable gagne en notoriété depuis 2007, si bien que début 2012, 52 % des Français déclarent avoir une idée « très ou assez précise » de ce que recouvrent les deux mots. Même si la notion reste principalement associée à la protection de l’environnement (57 % des évocations spontanées), près de 20 % des personnes font maintenant aussi référence à ses aspects sociaux et économiques.

Bâtir une écologie en résonance
avec les aspirations des Français

L’étude confiée à Ipsos met en évidence que les Français ne veulent pas sacrifier leur bien-être actuel à un futur de plus en plus difficile à appréhender et anxiogène (64 % d’entre eux jugent que « d’un point de vue économique, la prochaine génération vivra plus mal que la génération actuelle », qu’ils se sont recentrés sur la sphère personnelle : individualisme, priorité au plaisir de court terme (à travers la consommation), éloignement des enjeux collectifs, la santé comme préoccupation centrale.

Le sentiment général d’érosion du pouvoir d’achat ne remet d’ailleurs pas en cause le désir de consommer. Les pratiques de consommation évoluent ainsi, tout en associant le plaisir à la contrainte budgétaire. Si l’on interroge les Français sur ce que signifie pour eux « consommer mieux », ils répondaient « consommer moins » à 58 % en 2008, contre seulement 54 % aujourd’hui. Cet attrait pour la consommation s’exprime notamment à travers leur goût croissant pour le secteur alimentaire et les biens technologiques.

Ainsi, pour trouver leur place, les modes de vie éco-responsable doivent donc répondre aux préoccupations dominantes des Français : plaisir, accessibilité financière et santé. La communication environnementale devrait prioritairement montrer les aspects positifs du développement durable tout en restant pragmatique, c’est-à-dire :

  • éviter les communications alarmistes, préférer des communications plus constructives ;
  • promouvoir une idée positive du futur : insister sur les capacités d’adaptation de l’espèce humaine au lieu de décrire l’avenir sous l’angle d’une catastrophe annoncée ;
  • adopter un discours plus concret sur la transmission d’un environnement préservé, centré sur la sphère familiale en particulier plutôt que sur les générations futures en général ;
  • utiliser l’Internet pour sensibiliser le grand public sur un mode plus ludique ;
  • mieux informer sur les bénéfices des offres responsables et relier ces bénéfices à un avantage personnel, un plaisir pour soi, un bienfait pour sa santé ;
  • communiquer sur les modes de consommation qui permettent à la fois d’économiser de l’argent et d’être éco-responsable à la fois.

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