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12 janvier 2012

Parler d’environnement en entreprise, c’est stratégique

Dominique Béhar est directeur associé de Terra 21, cabinet conseil en développement durable. Il nous présente son rôle de « catalyseur » au sein des organisations, son regard sur la communication en général et sur les enjeux particuliers associés à l’expérimentation sur l’affichage environnemental.

Bonjour Dominique Béhar et merci d’avoir accepté de répondre à nos questions. Vous êtes directeur associé du cabinet Terra21. Avant d’aborder le cœur de votre métier et votre actualité, pouvez-vous présenter votre parcours ? Depuis quand et pour quelles raisons vous intéressez-vous à la responsabilité sociétale des entreprises ?

Mon parcours a débuté avec une formation d’ingénieur industriel puis a continué dans le conseil en performance opérationnelle. Je suis un enfant du Grenelle de l’Environnement si l’on peut dire. C’est à ce moment que j’ai ressenti une véritable dynamique : parler d’environnement en entreprise n’était plus gadget, mais devenait stratégique.

Terra21 est un cabinet conseil en développement durable. Vous êtes (de plus en plus) nombreux sur ce secteur ! Qu’est-ce qui vous différencie de vos concurrents ? Quels sont vos clients privilégiés ? Pouvez-vous nous présenter quelques missions récentes ?

Déjà, tant mieux que nous soyons nombreux, car il y a beaucoup à faire. Nous avons une approche à la fois système de management qui permet de mettre en place des bonnes pratiques pérennes dans les organisations. Nous, nous travaillons beaucoup sur la relation de l’Homme au DD, car pour beaucoup celle-ci peu paraitre flou, complexe et parfois anxiogènes. Et enfin, nous interrogeons la finalité des actes de l’entreprise dans leur globalité face à la RSE.

Nous n’avons pas de typologie d’organisation ou de secteurs d’activités privilégiés. Nous aidons régulièrement des clients sur des réponses à appels d’offres intégrant des critères RSE, ce qui permet à l’obtention du marché d’initier une démarche structurée.

Sur votre site, vous annoncez vouloir « rendre le développement durable opérationnel » dans les organisations. À vos yeux, le DD demeure-t-il un concept un peu abstrait et difficile à mettre en place pour les décideurs ? Pour quelles raisons ?

Le DD peut avoir de nombreuses dimensions : philosophiques, politiques, conceptuelles… Pour les entreprises, notamment les PME, les préoccupations restent souvent assez court terme, pragmatiques et opérationnelles. A Terra 21, ce qui nous motive, c’est de proposer des grilles de lecture simples, qui permettent à une organisation de définir puis mettre en œuvre une stratégie en place.

Le mot « communication » n’apparaît pas dans la liste de vos domaines d’expertise ou vos prestations. Pourtant, après avoir réalisé un bilan carbone, il faut bien en diffuser les résultats, au cercle restreint des dirigeants ou plus largement. De même, la « mobilisation des équipes » sous-entend la réalisation de supports de communication permettant d’informer et de fédérer. Alors, quelle place les actions de sensibilisation/communication occupent-elles dans les démarches de développement durable que vous mettez en place ? Avez-vous des exemples concrets d’actions de communication interne ou externe à nous présenter ? Quelles sont les difficultés que vous rencontrez quand il s’agit de communiquer sur ces démarches ?

Vous avez raison. Nous ne sommes pas une agence de communication, c’est-à-dire que notre métier de base n’est pas de valoriser des contenus, mais d’en créer. Avec l’expérience, nous avons constaté que la quête de la reconnaissance ou de la notoriété était un moteur très puissant pour les entreprises.

Aujourd’hui, sensibiliser puis valoriser est un axe essentiel pour nous. Nous travaillons souvent comme des catalyseurs : nous ne venons pas en tant qu’experts mais facilitateurs. L’expertise existe déjà très souvent dans les entreprises, mais elle n’est pas coordonnée ou valorisée. Je me souviens d’un client souhaitant initialement faire une session de présentation du DD à ses cadres. Nous l’avons incité à présenter ses propres enjeux plutôt qu’une énième présentation d’enjeux internationaux. Cela a favorisé l’appropriation de la démarche en interne, puis la création d’une véritable stratégie. Sur les obstacles, je pense surtout à deux craintes : celle de se sentir trop engagé par ses propos et celle d’être comparé à ses concurrents.

Depuis le 1er juillet 2011, plusieurs centaines d’acteurs participent à l’expérimentation nationale sur l’affichage environnemental. Quels sont, selon vous, les enjeux et les défis de cette expérimentation ?

Cette expérimentation est un événement incroyable : les entreprises investissent les champs de l’information environnementale de manière volontaire et quasi désintéressées. C’est un brainstorming géant, une invitation à l’innovation ! Ensuite, après cette expérimentation, il va falloir créer des dispositifs favorisants effectivement la consommation responsable. Donc attention à ne pas rester centré sur le choix de tel indicateur, de telle valeur, ou de telle étiquette. Il est important de replacer le tout en perspective.

Le 26 janvier prochain à Nantes, vous organisez une journée professionnelle sur l’affichage environnemental, en partenariat avec Evea Conseil. Pouvez-vous nous indiquer les objectifs de cette journée ? Quels en seront les points forts et les retombées attendues ? À qui s’adresse-t-elle en priorité ?

Il s’agit déjà de contribuer à notre manière et avec notre sensibilité à l’animation de cette expérimentation. Cette journée s’adresse aux néophytes comme aux experts. Qu’elle serve de rampe de lancement à certains, qu’elle permette un échange de bonnes pratiques ou encore quelle génère des contributions réutilisables. Nous y avons organisé des tables rondes, des ateliers participatifs, la présence d’éditeurs et quelques surprises. La parole institutionnelle est également présente par la présence de l’Ademe et du Ministère du développement durable.

Merci Dominique de nous avoir consacré un peu de votre temps. Les lecteurs qui le souhaitent peuvent vous contacter à cette adresse.

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