Association pour une communication plus responsable

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Fondé au printemps 2008 par huit patrons d’agences engagés en matière de publicité verte et éthique (incluant environnement, social, diversité, hygiène de vie, droits humains…), le collectif des publicitaires éco-socio-innovants veut prouver que la prise en compte de l’environnement et de la responsabilité sociale est un véritable moteur pour l’innovation et la créativité et le meilleur moyen d’aider les marques à se distinguer et à renforcer leur valeur. L’objectif est également d’encourager un changement positif, durable et désirable des modes de consommation.

Petit à petit, le mouvement a attiré de nombreux professionnels de tous les métiers de la communication et, fin 2011, le collectif a décidé de fonder l’association pour une communication plus responsable.

Notre propos est de promouvoir une évolution des métiers de la communication d’une posture que nous ressentons comme encore très défensive et encore orientée vers la croissance à tout prix, vers une envie d’assumer pleinement son rôle et ses responsabilités sociales dans les changements des modes de vies et de consommation auxquels aspirent le public. Nous partageons la conviction que ces pratiques sont la source des normes et des créations de demain. Celles qui redonneront au communiquant la place de dénicheur de tendances émergentes et de pionnier des nouveaux modes de vies qu’il avait il y a 20 ou 30 ans. Aussi espérons-nous que « l’autorégulation à la française » réformée réussira et affirmons-nous notre soutien à ceux qui œuvrent au sein du système. De même, si jamais ce n’était pas le cas et si des critiques justifiées venaient fragiliser l’image de notre métier, précarisant l’ensemble des annonceurs et les agences, nous souhaitons ici fédérer, signaler et mettre en réseau les pratiques et les exemples, au sein ou autour de nos agences, en France et dans d’autres pays, qui nous semblent indiquer les voies d’une communication autre, engagée.

Le point fort de cette association est de dépasser la posture critique sur les campagnes de communication et de faire émerger des propositions de réforme des pratiques de la communication.

Ainsi, suite au débat « quelles réformes pour une communication vraiment responsable » organisé le 26 mars dernier, voici les 10 réformes que les participants ont estimé comme étant les plus urgentes :

  • Mise en place d’un Haut Conseil de la Communication.
  • Obligation d’intégrer à tout cursus d’enseignement de la publicité et de la communication un module de formation sur la norme ISO 26000.
  • Mise en place d’un système « donnant/donnant » pour toute marque investissant plus de 300 k€ sur un an : pour 10 min de publicité de cette marque, financement d’1 min d’information indépendante sur le même sujet par une organisation indépendante labellisée par le Haut Conseil de la Communication.
  • Obtention obligatoire d’un label émanant d’un organisme indépendant et/ou officiel (AB, Cosmebio, écolabel européen, Fairtrade-Max Havelaar certificat ISO 14001) revendiquant une qualité « écologique » ou « vert » ou « naturel ».
  • Pour des marques d’automobiles, y compris électriques, la mention de l’écologie ne doit plus figurer, sinon pour informer clairement sur les rejets et consommations d’énergie.
  • Création de fonds régionaux d’accès à la publicité pour les entreprises innovantes de l’économie verte ou numérique et de l’économie sociale et solidaire.
  • Application d’une TVA réduite (ex. : 7 % au lieu de 19,6 %) sur les campagnes faisant la promotion de produits et de comportements responsables.
  • Valorisation, par la réduction de leur nombre, des affichages en milieu urbain et dans les transports en commun pour revenir au niveau moyen de la plupart des autres pays européens (métros allemand, belge…).
  • En plus de la suppression de l’affichage illégal, une réduction de 50 % des espaces publicitaires en milieu urbain, péri-urbain, dans les métros, bus, trains ainsi que sur les périphériques, permettrait d’augmenter l’impact des campagnes et d’améliorer leur créativité. Le manque à gagner de cette réduction des espaces publicitaires sera compensé par un prix plus élevé des panneaux.
  • Sur le modèle de la loi NRE, concernant les groupes cotés, obligation pour les services de communication ou les agences de communication dont le budget de campagne annuel est supérieur à 500 k€ de rendre public un rapport annuel de leurs engagements et progrès dans le respect de la grille d’application aux métiers de la communication de la norme.
  • ISO 26000 sur la responsabilité sociétale des entreprises.
  • Strict respect par les services de communication des annonceurs et par les agences, de la législation concernant les stagiaires et les délais et contrats de droits imposés aux freelance, notamment dans les domaines artistiques. Mesures publiques pour mettre en place une diminution progressive des charges sur les indemnités de stage inversement proportionnelle à leur montant jusqu’à concurrence de 90 % du SMIC net. En contrepartie, limitation du nombre des stagiaires à 15 % des effectifs totaux. Mise en place d’une instance du type « prudhommes des stagiaires » pouvant recevoir des plaintes anonymes et diligenter des enquêtes.
  • Bilan carbone pour les campagnes supérieures à 300 k€ sur 12 mois. Obligation de compléter tout devis par le bilan carbone pour toute campagne supérieure à 300 k€.

Certains peuvent juger ces propositions démesurées et inapplicables. C’est vrai qu’elles sont bigrement ambitieuses. Mais je suis convaincu qu’elles vont tirer vers le haut toute la profession !

Pour en savoir plus et pour adhérer : http://collectifcomresponsable.fr

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