Aurélia Dehu : la manière de concevoir un projet graphique a beaucoup changé

516

Pour ce 19e témoignage du cycle « La #comresponsable en action », je vous propose de découvrir le parcours et la posture d’Aurélia Dehu, graphiste-illustratrice freelance spécialisée en éco-communication et fondatrice de l’agence Léon Communication.

Extraits : « À force de voir des catalogues imprimés en sur-masse et des publipostages retournés à l’envoyeur puis jetés, je n’avais plus l’impression de faire un métier qui correspondait à mes valeurs personnelles. Grâce à cela m’est venu l’idée de proposer à mes clients de l’éco-communication (ou comment réduire le nombre de médias et leur impact environnemental tout en maximisant leur efficience). » « Au quotidien, le conseil et la réflexion en amont d’un projet graphique ont beaucoup changé. Auparavant, seuls la compréhension et l’impact du message comptaient. Maintenant, d’autres facteurs entrent en compte comme le taux d’encrage, la durabilité du support, le ciblage plus précis, la suppression d’un maximum de données périssables, le choix d’un papier labellisé… »

En quelques lignes, pouvez-vous décrire votre parcours et la fonction que vous occupez actuellement ?

Déjà toute petite, je découpais déjà dans les catalogues et les prospectus afin de créer mes propres « livres ». Quand j’ai dû choisir ma voie, en 3e, je me suis spontanément dirigée vers des études de graphisme. J’ai en enchaîné CAP, Bac Pro Métiers d’arts et BTS Communication Visuelle option graphisme, édition, publicité. Mes études ont été pour moi un vrai plaisir malgré la charge de travail.

Par la suite, je suis rapidement entrée dans la vie active en trouvant rapidement mon premier poste en tant que maquettiste de labeur dans la maison d’édition Yvert et Tellier puis je suis entrée en tant qu’infographiste dans une entreprise de vente à distance pour laquelle je me suis occupée des divers catalogues (800 pages/an) pendant 6 ans. Ces diverses expériences très techniques ont été très formatrices et très valorisantes. Aujourd’hui, j’ai lancé mon entreprise spécialisée en éco-communication près de Thionville en Moselle.

À quel moment avez-vous « basculé » dans une approche plus responsable de votre métier ? Savez-vous ce qui a provoqué votre prise de conscience ?

J’ai pris conscience qu’il était temps de redonner de l’élan à ma vie professionnelle pendant le premier confinement. À force de voir des catalogues imprimés en sur-masse et des publipostages retournés à l’envoyeur puis jetés, je n’avais plus l’impression de faire un métier qui correspondait à mes valeurs personnelles. Grâce à cela m’est venu l’idée de proposer à mes clients de l’éco-communication (ou comment réduire le nombre de médias et leur impact environnemental tout en maximisant leur efficience). J’ai donc décidé de tout plaquer (vente de la maison, démission, changement de région) pour créer ma société Léon Communication.

Concrètement, comment se traduit votre engagement dans votre activité au quotidien ? Avez-vous le sentiment de faire un métier différent d’avant/des autres ?

Au quotidien, le conseil et la réflexion en amont d’un projet graphique ont beaucoup changé. Auparavant, seuls la compréhension et l’impact du message comptaient. Maintenant, d’autres facteurs entrent en compte comme le taux d’encrage, la durabilité du support, le ciblage plus précis, la suppression d’un maximum de données périssables, le choix d’un papier labellisé en ce qui concerne le côté « technique ».

J’ai gagné beaucoup de liberté dans le choix des projets. Je suis maintenant libre de pouvoir combiner ma passion et mon engagement : le design graphique et l’écologie.

Par ailleurs, de nouveaux projets s’offrent à moi, dès octobre, je vais intervenir en tant que formatrice en graphisme et PAO sur l’ECS de Reims. Nouveau rêve que je vois se réaliser ! Pouvoir transmettre, partager mon expérience et mes valeurs sont pour moi un nouveau challenge très vivifiant à relever.

Quelles sont les principales difficultés que vous rencontrez ? Y a-t-il des idées reçues contre lesquelles vous devez lutter ?

Les principales difficultés résident surtout à l’heure où je vous parle, sur le fait de devoir revêtir de multiples casquettes. Comme tout « solopreneur », outre mon métier, je suis tantôt comptable, responsable administrative, commerciale, responsable marketing, community manager… Difficultés qui forment également toute la richesse de l’entreprenariat. J’ai appris en quelques mois beaucoup plus qu’en 6 ans dans la même entreprise.

C’est là, que malgré les sacrifices financiers, les doutes, mais surtout les réussites, que je sais que j’ai fait le bon choix !

À l’opposé, quelles sont les satisfactions que vous trouvez dans votre activité ? Où puisez-vous votre énergie ? Est-ce que vous aimez votre travail/activité et pourquoi ?

Je puise mon énergie dans la nature, dans les livres et surtout dans les projets pour lesquels je travaille. Je rencontre régulièrement de belles personnes aux projets à valeurs positives qui donnent envie de se donner au maximum. Partir de rien et créer quelque chose dans le nuage de l’ « infini des possibles » et voir la satisfaction et le sourire de mes clients est vraiment un vecteur de fierté et d’accomplissement. C’est un métier sans fin, aussi bien en création qu’en technique, tout évolue constamment ce qui en fait un métier où l’ennui n’existe pas.

Pouvez-vous nous présenter un ou deux projets/réalisations dont vous êtes particulièrement fière ?

Ce qui me rend particulièrement fière est d’aider des créateurs d’entreprises à appréhender leur communication de façon durable et éco-responsable grâce à mon programme « Créons votre logo ». J’aime ce lien de confiance, de bienveillance et de partage de valeurs qui se crée au fur et à mesure de nos rencontres.

Pour terminer, avez-vous un conseil à donner ou une idée force à transmettre aux lecteurs de ce blog ?

Je conseille aux lecteurs de ce blog de toujours réfléchir en amont de n’importe quel projet com’. Faire ce qu’on peut en partant d’une réflexion globale et trouver le meilleur compromis entre communication, résultats et écologie, c’est là le premier travail à faire. Imprimer sur du papier PEFC ne sert pas à grand-chose si c’est pour jeter la moitié (voir plus) des imprimés (Il suffit de penser à nos boîtes aux lettres pour le perceptible). Pour le digital, cela nous paraît abstrait, loin, car c’est immatériel mais l’impact négatif n’est pas négligeable. C’est à chacun de prendre conscience que chaque mail, chaque photo publiée doivent être stockés quelque part et consomment de l’énergie tout le long de leur cycle de vie et pas seulement à leur publication.

Pour suivre l’actualité d’Aurélia, rendez-vous sur son profil LinkedIn.

PARTAGER

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

4 + 7 =