Chine : les animaux au bout du rouleau

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« Adieu monde cruel ». Pressurisés par l’activité humaine, les animaux sont au bout du rouleau et se suicident. Tel est le message de la Fondation chinoise de protection de l’environnement à travers trois visuels qui mettent en scène des animaux morts. Avec quelle efficacité ?

La Fondation chinoise de protection de l’environnement (China Environmental Protection Foundation) et son agence Ogilvy & Mather, Hong Kong, ont choisi de mettre en scène le suicide d’animaux pour sensibiliser aux pressions exercées par l’Homme sur leurs habitats et ressources.

Ainsi, les trois visuels présentent des scènes de suicide (gaz, overdose de médicaments et pendaison) et voici le texte porté sur chacun d’entre eux :

  • « Adieu monde cruel. En réalité, ces souris ont été retrouvées noyées dans un canal. Sont-elles tombées ou les avons-nous poussées à se jeter dans l’eau à cause de la destruction de leur habitat ? Jusqu’où pouvons-nous faire pression sur la nature avant qu’elle n’abandonne ?  »
  • « Adieu monde cruel. Ce lapin a en fait été trouvé mort au bord d’une route. Aurait-il pu éviter de se faire écraser ? A-t-il été poussé à bout par la destruction sans limite de son habitat naturel ?Jusqu’où pouvons-nous faire pression sur la nature avant qu’elle n’abandonne ?  »
  • « Adieu monde cruel. On ne sait pas vraiment pourquoi ce moineau est mort. Si un nuage entier d’oiseaux venaient à tomber du ciel, peut-être que nous le verrions comme un appel à l’aide. Jusqu’où pouvons-nous faire pression sur la nature avant qu’elle n’abandonne ?  »

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J’ai de sérieux doutes sur l’efficacité de cette campagne. Le côté macabre des visuels. L’anthropomorphisme mal placé [[Pour réfléchir un peu sur le sujet, sans parler de communication, je vous recommande l’article Anthropomorphisme et éthologie.]]. L’absence de leviers d’actions. Et puis que ces animaux meurent, il faut avouer que cela ne me touche pas vraiment… C’est vrai, je ne suis pas très attaché aux souris ! Cette campagne échoue à montrer le lien intrinsèque qui relie les différentes composantes de la biodiversité (nous les Hommes y compris, mais chacune avec ses spécificités) et à nous donner envie d’agir pour la (et nous) protéger.

Par le passé, l’ONG a montré qu’elle était capable de sortir des campagnes bien plus pertinentes, comme celle de l’empreinte écologique des piétons.

Cette mise en scène du suicide d’animaux a déjà été utilisée par Quercus au Portugal, au sujet du changement climatique, dans le film d’animation Animals. Celui-ci a été testé en réception auprès du public dans le cadre de l’Atelier Climat de Nantes Métropole et la violence des visuels couplée à l’absence de pistes de solution n’a fait pas recette. Pour de nombreux participants, ce film « ne donne pas envie d’agir » car « trop négatif », « trop dur », « trop choquant » ou encore « trop déprimant ». L’absence de solutions proposées « n’incite pas à agir » : « on part battu d’avance ».

Enfin, l’utilisation d’animaux morts a déjà été faite avec plus de réussite il me semble, par la ville de Londres, pour sauver les abeilles. Là au moins les visuels sont marrants ! Et cela participe à transmettre cette envie d’agir.

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Source : DocNews du 11 avril.

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