Émilia Etcheberry : l’intégration du DD nous oblige à remettre notre activité en question

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Le cycle de témoignages « La #comresponsable en action » se poursuit, avec Émilia Etcheberry, directrice de la communication et du développement durable chez Quadrilatère, entreprise spécialisée dans la conception et la réalisation d’espaces de travail.

« J’ai toujours exercé une communication que je qualifierai d’honnête et utile, pour l’entreprise et nos parties prenantes. Je me suis toujours refusée à faire la promotion de ce que je jugeais trop éloigné de la réalité ou de communiquer pour communiquer. » « La communication est primordiale pour une entreprise : en interne pour fédérer ses collaborateurs et en externe pour la faire connaître et donc, à terme, contribuer à son activité économique. » « Nous avons décidé de mettre en avant certains de nos collaborateurs et de nos partenaires sur nos réseaux sociaux. C’est important, humainement, de reconnaître le travail de ses équipes ».

Bonjour Émilia et bienvenue sur Sircome.fr. En quelques lignes, pouvez-vous décrire votre parcours et la fonction que vous occupez actuellement ?  

Je suis, de formation initiale, historienne de l’art, diplômée de l’École du Louvre et de la Sorbonne. Après avoir travaillé très brièvement en galerie d’art, je suis « tombée » par hasard dans la communication en agence d’architecture. Au bout de 6 ans de pratique, j’ai décidé de reprendre mes études, afin de pouvoir continuer d’exercer mon métier en m’appuyant sur des bases (un peu) plus solides. J’ai validé un Master 2 Communication des Entreprises et des Institutions au CELSA puis j’ai travaillé pendant 3 ans dans une agence de communication spécialisée dans la communication numérique. Finalement, j’ai rejoint Quadrilatère, une entreprise spécialisée dans l’aménagement d’espaces en 2019. Je suis aujourd’hui Directrice de la Communication et du Développement durable, pour les différentes entités du Groupe.

À quel moment avez-vous « basculé » dans une approche plus responsable de votre métier ? Savez-vous ce qui a provoqué votre prise de conscience ?

J’ai toujours exercé une communication que je qualifierai d’« honnête » et « utile », pour l’entreprise et nos parties prenantes. Je me suis toujours refusée à faire la promotion de ce que je jugeais trop éloigné de la réalité ou de « communiquer pour communiquer ». Je crois que c’est une question de valeurs personnelles. Lorsque je vante les mérites de notre entreprise aujourd’hui, dans les médias ou sur nos réseaux sociaux, je le fais sans aucun doute, de manière très sereine.

J’ai été nommée Directrice du Développement durable en juillet dernier, mais c’est un tout autre sujet selon moi : je ne fais pas de la « communication responsable », j’inscris toute l’activité de l’entreprise dans une démarche responsable, et la communication en fait partie.

Concrètement, comment se traduit votre engagement dans votre activité au quotidien ? Avez-vous le sentiment de faire un métier différent d’avant/des autres ?

Mon métier de communicante n’a pas vraiment changé mais les canaux, les moyens mis en œuvre et les sujets oui. Cela signifie, par exemple, que nous essayons de limiter nos impressions : plus de plaquette imprimée, de prospectus ni de carte de vœux papier, réutilisation de notre signalétique de chantier que nous avons fait plastifier dans ce but. Lorsque nous organisons un événement, nous travaillons désormais avec des traiteurs responsables, soit vis-à-vis de l’environnement, soit humainement. Nous expliquons à nos équipes pourquoi nous travaillons avec eux, quelles sont leurs valeurs et ce qu’ils défendent. En ce qui concerne les sujets de communication, nous parlons de plus en plus des actions mises en place par l’entreprise en termes de RSE : bien-être des collaborateurs, recyclage de nos déchets sur les chantiers, récupération de mobilier, dons de l’entreprise à des associations, etc. Nous essayons également de prendre de la hauteur, de penser nos projets dans leur globalité, en intégrant toutes nos parties-prenantes et mettons en avant nos partenaires.

Quelles sont les principales difficultés que vous rencontrez ? Y a-t-il des idées reçues contre lesquelles vous devez lutter ?

Notre activité n’est, a priori, pas très « développement durable », puisqu’elle consiste à détruire pour reconstruire. Mais nous ne sommes pas décorateurs d’intérieur, nous sommes des aménageurs, ce qui signifie que ce que nous détruisons ne correspond plus aux besoins ou aux normes de confort et de sécurité pour les utilisateurs. Notre activité consiste à améliorer leur qualité de vie au travail, à leur offrir des locaux plus confortables, en termes de fonctionnalité, de qualité de l’air, d’éclairage, d’acoustique… c’est donc très « responsable » finalement ;-).

L’intégration de la variable « développement durable » nous oblige néanmoins à remettre notre activité en question, à challenger notre fonctionnement actuel et à établir de nouveaux process à suivre pour les équipes, ce qui est clairement un travail en cours pour le moment.

La principale difficulté rencontrée est celle de la compétitivité, mais qui n’est pas nouvelle pour nous. Nous sommes perpétuellement à la recherche du meilleur rapport qualité-prix pour nos clients, sachant qu’un projet se gagne parfois malheureusement uniquement sur la base du prix le plus bas. Il faut donc pouvoir intégrer ce nouveau critère et le défendre auprès de nos clients, qui ne sont pas toujours sensibilisés à cet aspect et qui ont un budget limité. Il faut également que cette nouvelle donnée soit intégrée intelligemment au sein de nos projets et que cela ne se fasse pas au dépend d’autres critères comme le confort ou l’esthétique par exemple.      

À l’opposé, quelles sont les satisfactions que vous trouvez dans votre activité ? Où puisez-vous votre énergie ? Est-ce que vous aimez votre travail/activité et pourquoi ?

J’ai toujours trouvé que la communication était importante pour une entreprise, je n’ai jamais pensé que c’était une option. Je dirais même que la communication est primordiale pour une entreprise : en interne pour fédérer ses collaborateurs et en externe pour la faire connaître et donc, à terme, contribuer à son activité économique.

J’adore mon travail mais je sais combien ce sentiment est lié à notre activité, aux gens avec lesquels je travaille, au respect et à la confiance que l’on m’accorde au quotidien. Il ne faut pas hésiter à aller voir ailleurs si ça n’est pas votre cas, car le métier de communicant en lui-même n’a aucune raison d’être intrinsèquement mauvais ! 

Pouvez-vous nous présenter un ou deux projets/réalisations dont vous êtes particulièrement fière ?

Nous avons décidé, avec l’agence de communication qui nous accompagne, de mettre en avant certains de nos collaborateurs et de nos partenaires sur nos réseaux sociaux. C’est important, humainement, de reconnaître le travail de ses équipes, de se détacher du « moi j’ai fait tout seul » qui n’est évidemment pas vrai dans la réalité. Toute notre activité repose sur le travail d’équipe, en interne et en externe, puisque nous sommes contractant général. Cela signifie que nous pilotons un grand nombre de prestataires et c’est également sur la qualité de leur travail que repose la confiance que nous accordent nos clients.

Pour terminer, avez-vous un conseil à donner ou une idée force à transmettre aux lecteurs de ce blog ?

Je n’ai pas de conseil à donner, je suis plutôt preneuse 😉 Le développement durable est un sujet complexe, en perpétuel mouvement et pour lequel je n’ai pas du tout été formée. Ma reprise d’études tardive m’a confortée dans l’idée que la formation doit être continue, tout au long de sa carrière. Je prévois donc d’entamer une (nouvelle) formation très prochainement afin de pouvoir établir une véritable stratégie RSE pour l’entreprise et nous fixer des objectifs clairs.

Pour suivre l’actualité d’Émilia : https://www.linkedin.com/in/etcheberryemilia/

Appel à témoignages

Si vous êtes engagé·e en faveur d’une communication plus responsable comme Émilia et que vous souhaitez partager votre expérience et votre point de vue, contactez-moi sur LinkedIn. Votre témoignage viendra enrichir la rubrique « La #comresponsable en action » du blog Sircome.fr.

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