La valeur ajoutée d’un projet doit être humaine

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Au croisement du secteur de la communication événementielle et du développement durable, l’agence Alternacom conçoit des événements à « valeur humaine ajoutée ». Mona Bernia dirige cette agence et nous présente les enjeux du secteur, les engagements de l’agence (éco-socio-conception, co-construction et mesure d’impact) et des missions récentes.

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Bonjour Mona et bienvenue sur notre hub Sircome.fr. Vous dirigez depuis plus de 6 ans l’agence de communication événementielle responsable Alternacom. Avant de parler de votre activité et des enjeux associés, pouvez-vous nous décrire votre parcours ? Comment passe-t-on d’une formation commerciale HEC à l’éco-socio-conception d’événements ? D’où vous vient cette sensibilité aux enjeux du développement durable ?

J’ai toujours été attirée par l’univers créatif des marques. Pour ceux qui connaissent, je ne ratais jamais un épisode de « Culture Pub » !

J’ai donc démarré en agence de communication, dans une petite agence indépendante puis au sein du Groupe TBWA, sur des missions de développement (réponses aux consultations, conception).
Mais au bout de 6 ans, j’ai commencé à m’interroger sur le sens de ce que je faisais. Je n’arrivais plus à me mobiliser pour des projets qui m’apparaissaient de plus en plus comme dénués d’utilité.
Je me suis donc intéressée au secteur de l’économie sociale et solidaire (ESS), qui réconcilie économie et impact sociétal positif. J’ai croisé le chemin du Groupe SOS, leader de l’entreprenariat social, qui avait en son sein une agence de communication événementielle en démarrage, dont on m’a vite confié la direction. C’était Alternacom, il y a 7 ans déjà !

Venons-en à votre agence : Alternacom. Sur votre site internet, vous la présentez comme « Agence événementielle à valeur humaine ajoutée ». Qu’est-ce que cela signifie ? Comment est-ce que cela se traduit dans votre offre et dans la manière de faire votre métier ?

Cette signature est un clin d’oeil à la notion de « valeur ajoutée », souvent financière, qui est l’indicateur clé qui oriente la prise de décision de nombreux acteurs. Pour nous la valeur ajoutée d’un projet doit être humaine.
Cela se traduit par 3 engagements concrets :

  • eco-socio-conception
  • co-construction
  • mesure d’impact

Le premier consiste à réduire notre impact négatif sur l’environnement, et à augmenter notre plus-value sociale. Par exemple, dans le choix du traiteur pour un événement, nous privilégions des entreprises d’insertion ou du secteur protégé , qui utilisent un maximum de produits bio et locaux.

Co-construire signifie qu’au lieu de calquer des méthodes toutes faites ou de proposer des événements standardisés sur catalogue, nous imaginons des dispositifs sur mesure, en fonction des particularités de chaque situation. Notamment en communication interne où la dimension humaine justement en clé.

Et la mesure d’impact, souvent oubliée dans l’univers éphémère de l’événementiel, est une dimension clé pour évaluer réellement ce que nous faisons, et donc pour s’améliorer. Nous réalisons une « fiche d’impact » après chaque journée solidaire qui synthétise les retours des organisateurs, des salariés participants, et des associations bénéficiaires.

Pouvez-vous nous décrire les grands enjeux de votre secteur ?

Nous évoluons au croisement du secteur de la communication événementielle et du développement durable. Les enjeux de cet univers spécifique se situent autour de la normalisation, d’une éventuelle contrainte réglementaire pour que les organisateurs d’événement limitent leurs impacts négatifs. La norme ISO 20121 existe aujourd’hui mais est assez complexe à mettre en place pour les événements ou agences de taille moyenne.

Comment évolue le marché de l’événementiel responsable ? Y a-t-il des tendances qui se dégagent, notamment du côté des besoins exprimés par les entreprises et organisations ? Les grandes agences ont-elles intégré ces enjeux et compétences de l’éco-socio-conception d’événements ?

Les journées solidaires ont de plus en plus le vent en poupe. La plupart des grandes entreprises proposent à leurs salariés de s’engager sur ce type de journées, à la place de teambuildings classiques souvent vides de sens. Du coup certaines agences « classiques » s’y intéressent…

Par contre, le fait de penser à l’éco-conception de tous les événements, même une classique convention commerciales par exemple, n’est pas rentré dans les habitudes, si des annonceurs, ni des agences.

Pouvez-vous nous présenter quelques missions emblématiques ? Qui sont vos interlocuteurs : les responsables communication ou les responsables RSE ou les deux ?

Nous sommes fiers d’avoir organisé la journée de solidaire de Procter & Gamble France, le 7 juillet dernier, lors de laquelle 200 collaborateurs volontaires se sont engagés auprès de 11 associations. Pour tout comprendre sur cette journée en 1 vidéo c’est ici !. Chez Procter & Gamble, ce projet est porté par la responsable du mécénat, qui dépend de la direction de la communication institutionnelle.

Nous avons également cette année imaginé et déployé un beau dispositif de communication à l’occasion des 50 millions d’arbres plantés par la Fondation Yves Rocher : I LOVE TREES. Un site internet dédié, une campagne sur les réseaux sociaux, la création d’un parfum exclusif, un événement VIP à Paris et une expo éphémère… bref, un projet ambitieux et porteur de sens comme on les aime chez Alternacom !

Quelles sont les principales difficultés que vous rencontrez dans vos échanges avec vos prospects et clients, et ensuite dans le déroulement des missions ?

Les mêmes que pour toutes les agences je pense : le budget et le respect des deadlines !! Plus sérieusement, nous entretenons des relations très bienveillantes avec nos clients, car les sujets que nous abordons évoquent des « vrais » problèmes, qui font relativiser les « petits » problèmes du quotidien.

Vous appartenez au Groupe SOS. Pouvez-nous nous décrire ce groupe ? Qu’est-ce que cela change pour votre agence ? Est-ce un argument commercial ?

Le Groupe SOS, qui a 30 ans cette année, rassemble 13000 salariés et 350 établissements : des associations dans le domaine purement social et médico-social et des« social business » comme Alternacom. Les fonctions support (RH, comptabilité, juridique etc.) sont mutualisées ce qui permet un fonctionnement agile, chaque structure étant déchargée de l’administratif tout en bénéficiant de compétences de haut niveau sur ces questions.

Alternacom, comme toutes les structures du Groupe SOS respecte les grands principes de l’ESS : pas d’enrichissement de personnes physiques (pas d’actionnaire personne physique donc), lucrativité limitée, écarts de salaire au maximum de 1 à 10 notamment.

Notre appartenance au Groupe SOS est importante pour nous car c’est ainsi que nous connaissons bien le secteur associatif et les besoins sociaux, ce qui nous permet d’organiser efficacement des journées d’actions solidaires.

Alternacom a été créée au sein du Groupe SOS, cette appartenance est donc vraiment inscrite dans notre ADN.

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