Les océans sont la décharge de notre planète

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L’Agence européenne pour l’environnement (AEE) lance une campagne de sensibilisation du grand public à la pollution des mers et des océans par les déchets (sacs et bouteilles plastiques, mégots de cigarette, matériel de pêche perdu ou jeté, emballages…) à travers deux vidéos diffusées sur YouTube et réalisée par Emakina.

Dans la première, le lecteur est plongé dans une mer bleue qui s’assombrit de plus en plus, jusqu’à devenir entièrement noire à cause de l’accumulation des déchets liés aux activités humaines. Le message est sans appel : « Nous étouffons nos océans. Nos déchets menacent la vie marine et la santé humaine. ». Difficile de faire plus déprimant.

De nombreuses études (comme Branding Biodiversity de Futerra) montrent pourtant que ce n’est pas en faisant peur aux gens et en les culpabilisant qu’on peut les faire changer de comportement…

Dans la seconde vidéo, une experte de l’AEE insiste sur l’accroissement de la pollution marine par les déchets (déchets relâchés par les bateaux mais surtout par toutes nos activités terrestre, qui finissent dans les mers et océans), son impact sur la vie marine (la mort de nombreux animaux marins par strangulation ou étouffement) et la santé humaine (accumulation de micro-éléments en plastique dans la chaîne alimentaire), les gestes pouvant limiter la production de déchets (utiliser un sac réutilisable plutôt que des sacs plastiques, éviter les emballages plastiques et les bouteilles plastiques à usage unique) et des actions citoyennes (participer aux opérations de nettoyage des plages, utiliser l’application mobile « Marine LitterWatch » de l’AEE pour signaler les déchets marins et enrichir la base de données).

Le discours est sérieux et grave, à la hauteur des enjeux. En contrepoint, quelques solutions individuelles et collectives sont proposées. Toutefois, je doute que ce type de vidéo, dans l’éventualité où elle serait diffusée à grande échelle, parvienne à mobiliser un large public.

D’après Futerra, il faut moins de pertes et plus d’amour dans les campagnes de sensibilisation à la biodiversité (ici, la biodiversité marine) :

  • Moins de pertes. Il faut tuer le message d’extinction. La perte génère l’apathie, pas l’action.
  • Plus d’amour. Célébrons notre amour de la Nature. C’est le moteur le plus puissant du comportement du public.
  • Ajouter l’action. Il faut toujours associer les messages d’amour et de besoin avec l’action. Une fois vos cibles inspirées, elles voudront savoir comment s’y prendre.
  • Enfin, la portée des messages peut être renforcée en personnalisant (lien avec des espèces ou la fierté locales), en humanisant (des histoires d’Hommes) et en publicisant (rendre visible les actions et leurs résultats).

Enfin, un point me chiffonne dans cette vidéo. Les déchets jetés par terre et ceux déposés dans une poubelle semblent avoir le même impact négatif : ils finiraient tous dans les cours d’eau et dans les océans. Cela voudrait dire que le contenu des poubelles n’est pas incinéré ou enseveli dans des décharges contrôlées. Dans ce cas là, à quoi bon jeter le sac ou le mégot à la poubelle si on a le sentiment qu’il finira dans la nature dans les deux cas…

Source : newsletter Stratégies du 6 juin 2014.

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