Trois actions digitales pour sensibiliser aux déchets

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Retour sur le forum communication de l’ORDIF qui s’est déroulé le 10 février dernier et qui portait sur les possibilités offertes par le web 2.0 pour communiquer sur la prévention et le tri des déchets. Comme je le craignais un peu, une grande partie des présentations sont restées théoriques et sans intérêt… sauf pour trois d’entre elles dont voici une synthèse.

Au sommaire :

« Le bon tri » : une application mobile chic et pratique pour mieux trier

par Marie-Claire MANACH, mission communication, direction de la propreté et de l’eau, Ville de Paris.

Objectifs :

  • Démultiplier les canaux d’information sur le tri (outil papier, mémo du tri en ligne) mis à la disposition des usagers.
  • Casser les codes graphiques et sortir des supports traditionnels utilisés pour parler du tri aux usagers (très rébarbatif, pédagogique) pour susciter son intérêt.
  • Faciliter le tri, délivrer le trieur du doute (parfois cornélien entre la barquette et la bouteille, tous deux en plastique) et de donner des explications (dire pourquoi par exemple tel déchet se trie ou pas).

Une entrée par grande famille de déchets : papier, cartons, plastiques… mais aussi les « exceptions » (plastiques ou verre). Expliquer en 3-4 lignes pour chaque type de déchet, sa filière ou non…

Une application pour atteindre ces objectifs.
Choix du support application mobile cadrant avec les orientations de la stratégie Paris numérique. Un graphisme élégant et parisien réalisé par Patrick Pleutin, designer multimédia renommé (pour sortir des codes graphiques traditionnels de l’univers du tri). Une approche ludique par des scènes de vie-scènes de tri pour identifier les produits et objets quotidiens emblématiques du tri (complémentaire de l’approche par famille de déchets).

Cible : le parisien adulte (personne seule, couple ou famille) qui trie déjà ou pas encore. Chez lui, dans son local poubelle, dans la rue à la recherche d’une colonne à verre. Au cours des achats (est-ce que ça se recycle, que veut dire ce pictogramme…).

Coût. Environ 22 000 euros, dans le cadre d’un marché de communication plus global de la Ville de Paris.

Premier bilan. Environ 2500 téléchargements depuis son lancement le 9 juin 2011.
Faible mais pas de but quantitatif. But de doter l’arsenal municipal des outils d’aide au tri d’un outil supplémentaire avec cette version mobile. Le faire connaître à travers des campagnes de promotion et rappeler son existence sur l’ensemble des supports Mairie de Paris.

Des marqueurs sont en train d’être mis en place sur l’appli pour suivre les usages qui en sont faits.

Pour en savoir plus : http://parisapps.paris.fr/content/le-bon-tri.

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Le dessin animé du Lombric : un outil de sensibilisation interactif

par Stéphanie CLARY, chargée de communication, Smitom Lombric 77

Historique. Le lombric est l’icône de la BD ludique et pédagogique du journal trimestriel. Un album BD a été édité en 2005 pour sensibiliser les élèves lors des animations scolaires dans les écoles. Pour capitaliser sur le succès du personnage, il a été décidé de réaliser un dessin animé du Lombric, un livret pédagogique et un DVD.

Dessin animé. Projet sur deux ans pour un budget global de 80 000 euros (financement Smitom, participation Veolia Propreté et Eco-emballage).

Quatre clips d’une durée d’1 min 30 sur l’eau, le feu, l’air et la terre. Une ouverture vers la gestion des déchets ménagers.
Objectif : sensibiliser la population et plus particulièrement les enfants à la gestion des déchets ménagers.
Les clips sont hébergés sur Daily Motion ainsi que sur le site du Smitom. Ils sont utilisés lors des animations scolaires, des événements extérieurs…

Afin d’accompagner la diffusion dans les écoles, un livret pédagogique pour les élèves (8 jeux scénarisés, compléments d’information, ouvrir vers d’autres sujets), un feuillet pédagogique pour l’enseignant (explications complémentaires sur les thématiques et réponses aux questions) et un support DVD (pour permettre une diffusion libre) ont été créés.

Bilan. Diffusé à 51 écoles (1225 élèves) en 2010-2011.
Portes ouvertes : plus de 2000 visiteurs en 2010 et 2011 avec salle cinéma dédiée sur le site.

Pour en savoir plus sur Le Lombric, rendez-vous sur cette page.

« Faites le bien » : une campagne ciblant les moins de 30 ans

par Paul de LABRIFFE, chef de projets multimédia, Eco-emballages

La campagne digitale « Faites le bien » a été menée du 5 au 23 décembre 2011.

Constat. 64 % d’emballages sont recyclés en France et, de manière surprenante, ce sont les jeunes urbains qui sont les moins attentifs ou impliqués pour le tri sélectif et le recyclage des emballages. Ce public passe plus de temps devant un ordinateur que devant la télé.

Registre de communication. Si cela ne marche pas si bien, c’est qu’il faut trouver autre chose. Positionnement autour de 5 mots clefs :

  • Vouloir : passer d’un discours de responsabilité (le devoir de trier) à un discours de motivation, de donner envie de trier.
  • Valoriser le geste de tri, le rendre sympathique pour recréer l’adhésion.
  • Jeunes urbains, population cible peu impliquée.
  • Digital, pour être en phase avec les usages de la cible.
  • Faites le bien : un jeu de mots.

Les atouts Eco-emballage. Une approche plurimédia : télévision, radio, internet, application « Le guide pour bien trier », numéro vert, campagne dans la presse économique… Cette campagne digitale était inscrite dans une campagne globale multi-cible, multi-support.

Au centre du dispositif : un film viral célébrant le trieur, avec une appli pour personnaliser le film et apparaître soi même à l’écran.
Page Facebook + twitter + achat d’espace (un film aussi bon soit il ne peut pas émerger tout seul).

Pour redonner envie, nous avions besoin de dédramatiser le geste, d’où un ton décalé. Les défauts de Cédric ne sont pas très graves. C’est « de la demi-provoc » disant « on est pas obligé d’être parfait pour trier convenablement ».

Résultats assez satisfaisants :

  • 1 150 000 vue sur YouTube, classement pendant quelques jours dans le top 3, 80 % des internautes ont vu 90 à 100 % de la totalité du film.
  • Plus de 230 000 visites sur le site dédié, 1 min 30 de temps passé (donc visionnage de la totalité du film).
  • 51 000 téléchargements de l’appli lors de cette période.

Pour en savoir plus sur cette campagne, voir l’article [->art759].

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